Tappa

Calculer son allure et ses temps de passage

Pilier : Fonctionnalités. Temps de lecture : environ 6 minutes.

« Je fais du 25 à l'heure. » C'est vrai sur le plat, frais, sans vent. Ce ne l'est plus au kilomètre 400, dans une montée de gravier, à la nuit tombée. Estimer un temps de passage réaliste sur une longue épreuve, c'est accepter que votre vitesse n'est pas un nombre unique mais une variable qui dépend du terrain. Tappa fait ce calcul pour vous, et cet article explique comment le lire sans se tromper.

Pourquoi une moyenne unique ne suffit pas

Sur une sortie d'une heure, une vitesse moyenne suffit à prévoir votre arrivée. Sur 300 ou 600 kilomètres, elle vous trompe. Deux parcours de même distance peuvent demander des durées très différentes selon le dénivelé, et un même parcours vous ralentira dans les côtes bien plus qu'il ne vous accélérera dans les descentes. Additionner naïvement « distance divisée par vitesse » donne un temps trop optimiste, et un temps trop optimiste, en ultra, c'est un ravitaillement fermé ou un contrôle manqué.

Comment Tappa estime le temps

Tappa part d'une vitesse de base liée au type de vélo. Un vélo de route ne roule pas à la même allure qu'un gravel chargé ou qu'un VTT, et le modèle en tient compte : chaque type de vélo a sa vitesse de référence sur le plat.

À partir de cette base, le calcul ajuste le temps selon la pente. Les portions montantes vous ralentissent, les descentes vous font gagner du temps, et le modèle module la durée segment par segment en suivant le profil d'élévation de votre tracé. C'est pourquoi un tracé bien dessiné, avec un profil d'altitude propre, produit des estimations plus fiables : le temps se calcule sur le relief réel, pas sur une moyenne plate.

Ce temps est un temps « en charge » : le temps que le modèle estime pour parcourir la distance en roulant. Il vous donne l'ossature de vos temps de passage tronçon par tronçon.

Choisir le bon type de vélo

Le choix du type de vélo n'est pas un détail cosmétique : il déplace toutes vos estimations. Sélectionner « Route » quand vous roulerez en gravel chargé rendra vos temps trop optimistes ; l'inverse les rendra trop pessimistes. Prenez le temps de choisir le type qui correspond vraiment à votre monture et à sa charge le jour de l'épreuve. C'est le réglage qui a le plus d'influence sur la justesse de vos temps de passage.

Ce que le modèle ne sait pas (encore)

Un bon plan repose sur des chiffres honnêtes, y compris sur leurs limites. Le modèle d'allure de Tappa est volontairement simple : vitesse de base plus effet de la pente. Il ne prend pas en compte, à ce stade, plusieurs facteurs qui pèsent lourd en ultra :

  • le vent, qui peut coûter ou offrir plusieurs kilomètres-heure sur une journée entière,
  • la fatigue cumulée, qui érode votre vitesse heure après heure,
  • les temps d'arrêt aux contrôles, aux ravitaillements et aux repas, qui gonflent le temps réellement écoulé,
  • la différence entre le temps « en roulant » et le temps « total » depuis le départ.

Autrement dit, les temps de Tappa sont des temps de roulage, à traiter comme un plancher optimiste. Le temps réel écoulé sera plus long dès que vous vous arrêtez, ce qui est inévitable sur une longue épreuve.

En pratique

  • Réglez le type de vélo en premier. C'est le paramètre le plus déterminant pour la justesse de vos temps.
  • Ajoutez votre propre marge d'arrêts. Comptez à part le temps passé aux ravitos, aux contrôles et aux repas, et ajoutez-le aux temps de roulage de Tappa.
  • Prévoyez une marge pour le vent et la fatigue. Sur une épreuve de plusieurs jours, une marge de sécurité vaut mieux qu'une estimation trop juste.
  • Recoupez avec votre expérience. Si vous connaissez votre vitesse réelle sur des sorties longues, comparez-la à la base du modèle et ajustez votre lecture en conséquence.
  • Utilisez les temps pour dimensionner, pas pour promettre. Ils servent à décider combien emporter et où recharger, pas à garantir une heure d'arrivée à la minute.

Pour aller plus loin

Les temps de passage prennent tout leur sens une fois reportés dans votre feuille de route : voyez « Le roadbook : transformer un tracé en feuille de route ». Et si votre objectif est nutritionnel, l'article de fond « Combien de glucides par heure en ultra-cyclisme ? » montre comment un temps de segment se traduit directement en nombre de gels, de barres et de bidons à prévoir.

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