Le roadbook : transformer un tracé en feuille de route
Un tracé vous dit où passer. Il ne vous dit pas quand vous y serez, où vous risquez de manquer d'eau, ni comment découper l'épreuve en morceaux gérables. C'est le rôle de la feuille de route, ou roadbook. Dans Tappa, c'est l'étape qui transforme une ligne sur la carte en plan de course exploitable, segment par segment.
Qu'est-ce qu'un roadbook en ultra
En ultra-cyclisme, personne ne pense l'épreuve comme un seul bloc de 600 kilomètres. On la découpe : d'un point de sommeil au suivant, d'un contrôle au suivant, d'un ravitaillement au suivant. Le roadbook est cette découpe rendue explicite, avec pour chaque tronçon les chiffres qui comptent : distance, dénivelé, temps estimé.
L'intérêt n'est pas cosmétique. Un parcours découpé devient mentalement abordable. Vous ne roulez plus vers une ligne d'arrivée lointaine, mais vers le prochain jalon, puis le suivant. Et surtout, vous voyez à l'avance où les difficultés s'accumulent.
Comment Tappa découpe le parcours
Tappa construit vos segments de deux façons.
La première, et la plus utile en ultra long, cale les segments sur vos arrêts sommeil. Dès que vous placez un repère de sommeil sur le parcours, il devient une frontière de segment. Chaque segment correspond alors à ce que vous prévoyez de rouler entre deux repos. C'est la logique « segments/sommeil », pensée pour les épreuves où la gestion du repos structure toute la course.
La seconde répartit les segments de façon égale le long du parcours, quand vous n'avez pas encore placé d'arrêts. C'est une vue par défaut, utile pour dégrossir un parcours avant d'y poser vos points de repos.
Ce que chaque segment vous montre
Pour chaque segment, Tappa affiche les données dont vous avez besoin pour décider :
- la distance du tronçon,
- le dénivelé à avaler,
- le temps estimé en charge, calculé à partir d'un modèle d'allure qui dépend du type de vélo et de la pente,
- la plus longue section sans ravitaillement à l'intérieur du segment.
Ce dernier chiffre mérite qu'on s'y arrête. En autonomie, ce n'est pas la distance totale qui vous met en difficulté, mais le plus long intervalle sans point d'eau ou de ravitaillement. Un segment de 150 kilomètres avec un commerce au milieu est plus simple à gérer qu'un segment de 90 kilomètres entièrement désert. Tappa met ce chiffre en avant précisément pour que vous ne vous fassiez pas surprendre.
Un plan vivant, pas figé
Le roadbook n'est pas un document que l'on génère une fois pour toutes. Il réagit à vos décisions. Déplacez un arrêt sommeil, ajoutez un ravitaillement, modifiez le tracé, et les segments se recalculent. Vous pouvez ainsi tester des scénarios : « et si je dormais 40 kilomètres plus loin ? », « et si je coupais ce détour ? ». Le roadbook vous répond en chiffres plutôt qu'en intuitions.
En pratique
- Placez d'abord vos arrêts sommeil, puis lisez les segments. C'est en calant le repos que vous obtenez la découpe la plus proche de votre course réelle.
- Traquez la plus longue section sans ravito de chaque segment. Si elle dépasse votre autonomie en eau ou en nourriture, il faut ajouter un point ou revoir le tracé.
- Comparez les temps estimés entre segments. Un tronçon anormalement long en temps signale souvent un mur de dénivelé qu'il vaut mieux anticiper.
- Itérez. Le roadbook coûte peu à recalculer : n'hésitez pas à déplacer un arrêt pour voir si l'équilibre s'améliore.
- Gardez en tête que les temps sont des estimations. Le modèle ne connaît ni votre fatigue accumulée, ni le vent du jour, ni vos arrêts prolongés. Traitez ses chiffres comme une base solide à ajuster.
Pour aller plus loin
Le roadbook s'appuie sur deux briques que vous pouvez explorer séparément. Côté temps, l'article « Calculer son allure et ses temps de passage » détaille comment Tappa estime vos durées à partir du type de vélo et de la pente. Côté repères, « Placer ravitos, contrôles et sommeil sur la carte » explique comment poser les points qui structurent vos segments. Ensemble, ils font passer votre parcours d'une ligne à un véritable plan de course.